Entretien d’embauche : quelles questions pour les managers ?

Vous cherchez un poste de manager ? Soyez sûr que les recruteurs voudront sonder votre savoir être et vos qualités managériales et ainsi s’assurer que vous collerez à la culture maison. Voici 5 exemples de questions pour vous entraîner.

Expliquez-moi comment vous avez réalisé tel projet ?
Encore plus qu’un autre entretien d’embauche, celui pour un poste de manager s’apparente à une discussion et pas à un jeu de questions-réponses, assure Marion Gadot, directrice régionale adjointe chez Hays : « Ce qui ne veut pas dire qu’on ne pose pas de questions, mais elles sont majoritairement orientées vers l’illustration de cas de figure auquel le candidat a été confrontés. » Cet exercice permet d’entrer dans le concret des capacités managériales de la personne et de la manière dont elle les exploite. « C’est par exemple un bon moyen de voir si le candidat parle d’abord de sa propre réussite ou s’il parle de ses collaborateurs, fait remarquer Christine Pruvost, directrice associée du cabinet PurpleLeaf. Un bon manager doit être conscient du travail collectif et de l’aspect humain de sa fonction. Si ce n’est pas le cas, c’est assez inquiétant. » Un peu comme si un entraîneur en sport ramenait tout le mérite des succès de son équipe à lui plutôt que parler de l’efficacité des joueurs.

Quel est votre pire souvenir de manager ?
« Un manager qui dit n’avoir jamais rencontré de problème, ce n’est pas logique, pointe Christine Pruvost. Tous ont eu, à un moment de leur carrière, à gérer une situation de crise, un conflit entre collaborateurs, etc. » Cette question permet d’analyser le recul du candidat, en partant du principe qu’on apprend au moins autant de ses échecs que de ses réussites. « Avant de réussir à faire ses premiers pas, un enfant va tomber 200 fois », illustre Christine Pruvost. « C’est une manière de tester la résistance du candidat, poursuit Laurent Charpentier, senior manager chez Michael Page. Manager est une fonction à tension, avec de la mobilité, des équipes multiculturelles et intergénérationnelles, des missions à atteindre en un temps imparti… L’interroger sur ses mauvais souvenirs offre de la matière pour tester sa maturité. » En clair, voir s’il a le « coffre » pour embrasser la fonction.

Quel est votre meilleur souvenir de manager ?
Cette question, associée à la précédente, permet cette fois de mieux comprendre la personnalité managériale du candidat. « Certains répondent que leur plus belle réussite est l’aboutissement d’un projet dans le temps imparti et en respectant le budget prévu initialement. Ce sont généralement des managers très centrés sur l’opérationnel et la conduite d’objectif. À l’inverse, d’autres candidats retiennent la manière dont ils ont su emmener leur équipe vers un statut d’expertise par exemple. Ce sont des managers plus centrés sur l’humain », développe Christine Pruvost. Selon la fiche de poste, le secteur d’activité, la culture d’entreprise, à vous de choisir sur quel point insister.

Quelles sont les compétences clés d’un manager ?
Selon Marion Gadot, « c’est comme ça que l’on sonde ce qui est déterminant pour le candidat dans sa manière de manager, en prenant en compte l’ordre de ses réponses. » Celles-ci sont nombreuses : la capacité à arbitre, à fédérer une équipe, à la faire monter en compétences, à communiquer, à gérer une crise… « Parler de tous ces aspects est aussi un bon moyen de s’arrêter sur tel ou tel cas de figure, de voir si le candidat va s’attarder sur une compétence et moins sur une autre », estime Laurent Charpentier.

Quelles sont vos capacités opérationnelles ?
Si les expertises managériales sont à vérifier en entretien, les capacités opérationnelles du manager importent aussi, assure Laurent Charpentier : « Un bon manager ne doit pas être que dans le « faire faire » mais aussi dans le « faire », on doit être en mesure de vérifier le background opérationnel des candidats. » Autrement dit, s’assurer qu’ils savent aussi faire par eux-mêmes ce qu’ils demanderont à leurs collaborateurs : vendre un produit, aller chercher de nouveaux clients, respecter des normes ou des procédures. Pour Laurent Charpentier, c’est « la crédibilité du candidat qui est en jeu, il ne doit pas être qu’un donneur d’ordre. »

 

Régis Delanoë – Cadremploi