Prise de parole en anglais : comment relever le défi sans (trop de) stress

Vous avez tout fait pour y échapper, mais c’est bien à vous que revient l’immense honneur d’animer une présentation en anglais au prochain séminaire. Rien que d’y penser, des plaques d’urticaires surgissent. Nos conseils pour ne pas virer tomate et développer un eczéma le jour J.

Sur les raisons de votre peur à prendre la parole en anglais plusieurs hypothèses cohabitent : vous gardez un mauvais souvenir de vos interventions orales en cours d’anglais à l’école et/ou, dans la boîte tout le monde est fluent (ou presque, en tout cas c’est ce que vous pensez) et donc vous avez honte. Quelle que soit la raison, il est tout à fait possible de maîtriser le stress inhérent à cette situation.

Répétez, répétez, répétez
Effectivement, on se répète mais pour être le moins déstabilisé possible, il faut se préparer. Donc évidemment, écrire son intervention et la répéter à qui veut l’entendre. « De préférence à un interlocuteur anglophone susceptible de corriger avec bienveillance quelques erreurs grossières », recommande Christel Thomet, directrice marketing chez EF Corporate Solutions. Pour vous aider à passer en mode anglais, vous pouvez, quelques jours avant votre « prez » regarder et écouter des émissions et podcasts en anglais. Histoire de vous plonger dans le bain.

Ne pas vous avouer vaincu en public
En débarquant sur scène, ne vous excusez pas d’être là, ou pire, de votre accent pourri. « Dire à l’auditoire que vous n’êtes pas fluent est le meilleur moyen d’attirer l’attention sur le fait que vous ne parlez pas bien anglais », reconnaît Marie Stephenson, anglaise et dirigeante de Stephenson Coaching. Donc lancez-vous sans préambule. Pour détourner l’attention sur votre piètre niveau d’anglais (selon vous), faites d’emblée le show à l’américaine. « Préparez un ou deux ice breakers, par exemple des vidéos humoristiques en lien avec votre sujet », ajoute Christel Thomet. L’assemblée ne se concentrera plus sur votre niveau d’anglais mais sur le fond.

Assumez votre accent
« Quand je m’exprime en anglais, je ne cherche pas à tout prix à avoir un accent anglais. Je conserve mon naturel. À partir du moment où je suis comprise, j’assume mon niveau. Devant un public, cela permet de relativiser », argumente Annita Ledevin, responsable RH chez HP qui échange et prend régulièrement la parole en anglais. « Pour vous rassurer, dites-vous que l’anglais est une langue internationale pratiquée par bon nombre d’étrangers comme vous. Dans l’assistance, il y a certainement aussi des étrangers avec un accent qui leur est propre. Entendre parler anglais avec un accent non anglo-saxon est devenu courant. Les gens y sont habitués », assure Marie Stephenson. Et puis, si vous vous exprimez devant un parterre de people US ou anglais, sachez qu’ils adorent l’accent français. Donc go, go, go. Si vous êtes indulgent avec vous-même, les autres le seront avec vous.

Faites des phrases courtes et simples
Prenez le contre-pied du célèbre « plus c’est long, plus c’est bon ». Pour éviter d’ajouter des fautes, employez un vocabulaire simple et faites des phrases courtes. « Quand on prend la parole en public en français, on a tendance à vouloir impressionner l’auditoire avec des grandes phrases alambiquées. En anglais, il faut faire l’inverse : des phrases courtes et percutantes », conseille vivement Marie Stephenson. « Il suffit de traduire un texte de l’anglais vers le français pour se rendre compte qu’en anglais, on va plus rapidement à l’essentiel. Donc à l’oral, soyez le plus direct possible », suggère Christel Thomet.

Et puis, dites vous, que comme en français, ce ne sont pas toujours ceux qui maîtrisent le mieux la langue, qui excellent à l’oral.

 

Sylvie Laidet – Cadremploi