Et si vous profitiez de l’Euro de foot pour souder votre équipe?

Euro 2016 oblige, certains salariés risquent d’être un peu déconcentrés entre le 10 juin et le 10 juillet. Plutôt que de s’en plaindre, les managers peuvent aussi se réapproprier l’événement.

« Moi, j’aime plus jouer au foot que regarder les matchs », confesse-t-il.
Malgré tout, Grégoire Fernandez reste conscient de l’engouement de la discipline chez ses collègues.
« Je fais vivre ce type d’événement depuis huit ans que je suis dans le groupe », explique le responsable communication du Groupe DLSI. Le défi n’est pas mince dans cette société de travail temporaire de 230 salariés répartis dans 75 agences.
« Pour des événements comme l’Euro, nous organisons des concours de pronostics et quasiment tout le monde joue le jeu. Le but est de créer un échange et une communion sur un autre sujet que le travail. Cela permet aussi de faire des clins d’œil à un collègue à l’autre bout de la France que l’on a déjà croisé mais à qui on n’a pas eu l’occasion de parler depuis longtemps. C’est une opportunité de communication positive. »

Une plateforme en ligne pour fédérer les salariés

Pas évident à mettre en œuvre, il en convient. « Cette année, nous allons tester une solution externe plus pratique, se réjouit-il. Avant, j’essayais de mettre en ligne un petit fichier Excel un peu laborieux. » « Nous avons lancé Corporico, une plate-forme qui permet à chaque entreprise d’organiser un concours de pronostics interne pour que les salariés puissent prendre part d’une manière ludique à l’événement, explique Rony Msika, co-fondateur de la start-up CorpoGames. Cela permet de fédérer les collaborateurs autour des valeurs du sport, de développer l’engagement des salariés et de travailler sa marque employeur. »

Il serait dommage de ne pas profiter de l’occasion. Selon un récent baromètre Ipsos, 17 millions de Français s’intéressent au football, soit 36 % de la population totale. « J’avais précédemment travaillé, avec mon associé, pour une SSII où nous avions déjà testé cette plateforme de façon amateur. On avait séduit près de 90 % des 150 collaborateurs de l’entreprise ce qui, pour une population de consultants, est une belle réussite. C’estpourquoi nous savons d’expérience que l’Euro constitue une belle opportunité de ressouder les effectifs d’un service ou d’une entreprise, y compris – et surtout – dans des sociétés où les salariés travaillent de façon éclatée. Un concours de pronostics permet de se féliciter à distance mais aussi de développer un sentiment d’appartenance. » Prix de cette plateforme : entre 2 et 15 € par salarié selon la taille de l’entreprise. « Mais à terme, elle y gagnera en productivité et retiendra peut-être quelques talents. Et en multipliant ce type d’expérience, elle s’économisera peut-être ne serait-ce qu’un recrutement. »

Créer des souvenirs en commun et faciliter les relations de travail

Nul besoin de dépenser des fortunes pour mêler ses collaborateurs à cette fête du sport. « C’est moins cher que bien des programmes de team-building », plaisante Rémi Campet, directeur des ressources humaines chez Marco Vasco. Cette agence, spécialiste du voyage sur mesure, emploie 180 salariés sur un même site. « On va donc retransmettre quelques matchs importants, et surtout les phases finales, dans des espaces communs avec des rafraîchissements dans une ambiance conviviale. On avait déjà essayé lors de la Coupe du monde au Brésil avec succès, malgré le décalage horaire. » Pas questions pour cette jeune société – qui emploie un feelgood manager – de passer à côté de l’événement. « C’est un prolongement logique d’autres initiatives. Une fois par mois, nous organisons déjà des matchs de football en salle. » Et là aussi, les managers ont prévu un concours de pronostics pour galvaniser les équipes. « On va organiser cela simplement, sans doute via un fichier Doodle. C’est l’occasion aussi d’associer les femmes. L’idée est de faciliter certains contacts, de fluidifier les relations de travail, et aussi de se créer quelques souvenirs en commun, surtout si la France va loin ! »

« C’est un événement qui fédère autant les hommes que les femmes contrairement à une idée reçue, ajoute Grégoire Fernandez. Tout le monde joue le jeu dans nos agences. Les garçons qui connaissent un peu le foot sont partants, mais les femmes aussi. Certaines s’intéressent au sport ou demandent des conseils de pronostics à leur conjoint. » On ne surfe pas sur la vague pendant des semaines, mais, pendant un mois, c’est un joli souffle qui passe dans l’entreprise. »

 

Céline Chaudeau – Cadremploi