Les patrons n’aiment pas les moches

Le sujet est tabou, et pourtant… « Les discriminations liées à l’apparence physique sont sous-estimées et peu connues », confirme Ayité Creppy, directeur de la Fondation agir contre l’exclusion (FACE) à Lille. Les formes de discrimination ne se limitent pas aux origines supposées d’un candidat: selon une enquête TNS Sofres de 2003, plus de 60 % des Français estiment que l’apparence physique peut faire la différence lors d’une embauche.

A l’occasion du premier colloque sur les discriminations liées à la beauté organisé en 2009, Hélène Garner-Moyer, docteur en sciences de gestion à l’université Paris-I, a envoyé près de 700 curriculum vitæ pour répondre à des offres de recrutement pour des postes de commerciale, d’assistante de direction et enfin de comptable. La moitié des CV, qui présentaient tous les mêmes qualifications, étaient accompagnés de la photo d’une jeune femme séduisante, l’autre moitié d’une photo d’une jeune femme moins avenante. La plus jolie a été convoquée dans 42 % des cas contre 16 % pour la moins séduisante. En France, la discrimination au travail à cause de l’apparence physique est punie par la loi depuis 2001. Si les faits sont avérés, l’employeur risque jusqu’à 45 000 euros d’amende et trois ans d’emprisonnement. Mais le préjudice reste très difficile à prouver…

(Source: Le monde – 18/08 – Judith Duportail)